Etre femme

AnneSo portraitPas évident de se sentir femme quand on évolue dans un sport de combat à très haut-niveau. Il ne faut pas trop montrer ses faiblesses. Il faut parfois cacher un peu son caractère, sa sensibilité pour se protéger. Le fait de devenir mère m'a permis d'accéder à une certaine assurance que je mets à profit au quotidien dans mes choix professionnels et sportifs. La maternité et ce statut de femme accomplie qui lui est associé, me permet de mieux me connaître, de dévoiler ma vraie personnalité et d'apprendre de moi un peu plus chaque jour. Ma « deuxième carrière » est une chance qu'ont peu d'athlètes. Cette période restera vraisemblablement dans mon esprit une phase de sérénité malgré toutes les difficultés que le statut d'athlète de haut-niveau et de mère de famille ont engendré.

En effet, reprendre une carrière de haut-niveau après une grossesse est plus difficile qu'il n'y paraît. Physiquement d'abord, retrouver rapidement un corps de sportive tout en allaitant pendant 6 mois m'a demandé des efforts et des sacrifices considérables. Par contre, même si j'ai été énormément aidé par le judo club de Pontault-Combault, ma fédération et la défense nationale pendant ma grossesse, la reprise après l'accouchement s'est avérée extrêmement compliquée car j'ai bousculé beaucoup d'idées reçues. Dans le milieu du judo français personne n'a réussi à ramener une médaille européenne si peu de temps après un enfant. Les motivations de mon retour ont fait polémique : l'argent ? Le fait de ne rien savoir faire d'autre ?

ma famille

C'est la joie de retourner sur les tatamis et le goût du challenge qui m'a poussé a revenir.

Seule une poignée d'amis et ma famille ont respecté et cru en mon retour. Beaucoup ont pensé que j'allais essuyer un échec et être incapable d'aller au bout de mes ambitions. Même si les portes de l'INSEP étaient ouvertes, je passais par le portillon sans faire de bruit. J'ai beaucoup utilisé la structure du club et le staff que j'ai choisi pour me remettre de ma grossesse et pour me sentir libre dans les horaires et le contenu. Ceci m'a permis de retrouver une volonté de fer et d'assumer mes décisions et de redevenir maîtresse de mon entraînement. Me sentir responsable de mes choix, de mes échecs et de mes réussites est aujourd'hui primordial dans ma vie de sportive mais surtout dans ma vie de femme accomplie.

sport

Mes hommes

J'ai rencontré Fred en 1996, lors d'un tournoi international junior, en Russie. Il a lui aussi, été compétiteur. Arrivé en 1997 à l'INSEP, Fred a connu David Douillet et a participé à sa préparation pour les championnats du Monde à Paris en 1997 et les Jeux Olympiques en 2000. Titulaire de l'Equipe de France, il a fini 5ème des championnats d'Europe et champion de France. Remplaçant comme moi aux Jeux d'Athènes en 2004, nous avons vécu beaucoup d'émotions, sportives ou non. Après onze ans passés sur les tatamis de compétitions, Fred a raccroché son kimono en 2007 lorsque Teddy Riner est devenu champion d'Europe à 17 ans.

Fred est un soutien permanent, incontournable dans mon projet sportif, et un père capable de pallier mes absences auprès de Robinson. Et en plus il connaît pas trop mal le judo !

famille

Nous essayons de transmettre à Robinson les valeurs que son père et moi avons apprises tout au long de notre carrière : l'universalité, le travail, le courage, la passion...

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